L’extraction du sel

L’extraction du sel au Lac Rose est bien plus qu’une activité
économique : c’est un art de vivre, une culture, une identité.

Comment ça fonctionne ?

Le Lac Retba est l’un des lacs les plus salins au monde, avec
une concentration en sel pouvant atteindre 380 grammes par litre
d’eau en saison sèche. Ce sel se dépose naturellement sur le fond
du lac, formant des couches que les sauniers viennent récolter
à la main.

Chaque matin à l’aube, les sauniers descendent dans le lac,
armés de longues perches en bois, de pelles et de paniers
tressés. Ils raclent le fond, accumulent le sel en tas dans leurs
pirogues, et répètent l’opération pendant quatre à cinq heures
d’affilée.

Pour protéger leur peau de l’agression de l’eau hypersaline,
ils s’enduisent le corps de beurre de karité, une huile végétale
extraite des noix de karité. Cette technique, transmise depuis
des générations, reste aujourd’hui le meilleur moyen de
protection disponible.

Une fois les pirogues pleines, elles rejoignent les rives où
des femmes, appelées « femmes transformatrices », prennent le
relais : elles trient le sel, l’étalent pour le faire sécher
au soleil, puis le conditionnent pour la vente.

Combien produisent-ils ?

La production annuelle du Lac Rose avoisine les 25 000 à
30 000 tonnes de sel. Ce sel est en grande partie exporté
vers les pays voisins — Mali, Guinée, Côte d’Ivoire —
principalement pour la conservation du poisson séché.

Un sel de plus en plus convoité

Depuis quelques années, le sel rose du Lac Retba attire
l’attention des marchés gastronomiques européens. Sa couleur
unique, sa richesse en minéraux et son histoire font de lui
un produit d’exception, vendu dans des épiceries fines et
des restaurants étoilés à Paris, Londres ou Bruxelles.

Pour les sauniers, cette nouvelle demande est une opportunité —
à condition que les bénéfices leur reviennent directement.

Ressources

Pour en savoir plus sur l’économie du sel en Afrique de l’Ouest,
consultez le site de la FAO.