En surface, le Lac Rose est magnifique. Mais si l’on gratte
un peu, une réalité moins rose apparaît. Rencontre avec Fatou
Sow, biologiste marine à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar,
qui étudie le lac depuis quinze ans.
« Le lac est aujourd’hui menacé par trois facteurs principaux »,
explique-t-elle. « L’avancée de la mer, la pression touristique
non encadrée, et l’urbanisation chaotique des abords du lac. »
Le premier danger est géologique. Le Lac Retba est séparé de
l’océan Atlantique par une fine bande de sable, la Langue de
Barbarie. Avec la montée du niveau des océans due au réchauffement
climatique, cette barrière naturelle s’amincit chaque année. Une
brèche, et l’eau de mer envahit le lac, détruisant l’équilibre
biologique qui lui donne sa couleur.
Le deuxième danger vient du tourisme de masse. Des milliers de
visiteurs piétinent les rives, perturbant la nidification des
oiseaux. Des hôtels sont construits sans étude d’impact
environnemental sérieuse.
« Ce que je demande », conclut Fatou Sow, « c’est qu’on impose
un nombre maximum de visiteurs par jour, qu’on crée des zones
protégées autour du lac, et qu’on associe davantage les
communautés locales aux décisions qui concernent leur territoire. »
Le Lac Rose a survécu des millénaires. Il peut encore survivre.
Mais pas sans nous.
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